PÉTITION

20 millions d'heures de cours perdues, et le budget supprime encore des postes

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Dans les collèges et les lycées publics, une heure de cours sur dix n'est pas assurée. Le chiffre vient du ministère lui-même.

Cette pétition ne porte pas sur la démographie scolaire. Elle porte sur une contradiction : on ne couvre déjà pas les heures, et le budget supprime encore des postes.

Ce que disent les chiffres officiels

Selon la DEPP, le service statistique de l'Éducation nationale, 9,8 % des heures d'enseignement n'ont pas été assurées dans le secondaire public sur l'année scolaire 2024-2025. Cela représente environ 20 millions d'heures de cours.

Le problème n'est pas l'absence, c'est le remplacement. Quand un enseignant s'absente plus de quinze jours, il est remplacé dans 94,3 % des cas. Quand il s'absente moins de quinze jours, il l'est dans 11,6 % des cas. Neuf fois sur dix, personne ne vient.

Et la perte n'est pas répartie équitablement. Dans les établissements les moins touchés, 3 % des heures manquent. Dans les plus touchés, 19 %, soit six fois plus. Selon le lycée où l'on est scolarisé, on ne reçoit pas la même école.

Ce ne sont pas des estimations syndicales. Ce sont les chiffres du ministère.

3 024 professeurs trouvés en une nuit

Le 8 octobre 2026, sous la pression du mouvement lycéen, le ministre de l'Éducation nationale a annoncé le déploiement de 3 024 professeurs remplaçants dans 114 lycées, applicable dès le lendemain.

Ce ne sont pas des recrutements. Ce sont des titulaires déjà rémunérés par l'État, rattachés à une zone de remplacement, et qui n'étaient affectés à aucune classe au moment de l'annonce.

S'ils étaient mobilisables en vingt-quatre heures sous la pression médiatique, pourquoi ne l'étaient-ils pas en septembre, quand 53 % des collèges et lycées déclaraient manquer d'au moins un professeur ?

Et le même mois, le projet de budget 2027 prévoit la suppression de 1 588 postes d'enseignants : 1 250 dans le public, dont 836 dans le second degré, et 338 dans le privé sous contrat.

Ce que le gouvernement va répondre

Et il aura en partie raison. À la rentrée 2027, 180 000 élèves de moins sont attendus. Le budget de l'Éducation nationale augmente de 1,2 milliard d'euros pour atteindre 64 milliards. 1 804 emplois sont créés à côté, dont 1 300 accompagnants d'élèves en situation de handicap. Et à démographie strictement constante, ce ne sont pas 1 588 mais environ 9 600 postes qui auraient pu être supprimés.

Nous ne contestons pas ces chiffres. Nous contestons le raisonnement. On n'arrive déjà pas à assurer les heures avec les effectifs d'aujourd'hui. Tant que c'est le cas, le nombre de postes n'est pas la bonne variable d'ajustement. Le taux d'encadrement par classe n'est pas le sujet : le taux d'heures effectivement assurées l'est.

L'an dernier, les députés n'ont jamais pu voter

Le budget 2026 prévoyait 4 018 suppressions de postes d'enseignants. En novembre 2025, deux commissions de l'Assemblée nationale ont adopté des amendements contre ces suppressions. Aucun de ces votes n'a survécu : le sujet n'est jamais venu en séance publique, et le texte a été clos par l'article 49.3.

Les représentants élus de la Nation n'ont donc jamais voté sur la suppression de 4 018 postes dans l'école de la République. C'est ce précédent que nous refusons de voir se répéter.

Le calendrier est connu : la première partie du budget 2027 est votée le 20 octobre 2026, l'ensemble du texte le 17 novembre. Et il faut le savoir : les crédits et les emplois de l'Éducation nationale ne sont soumis au vote de l'hémicycle que si la première partie est adoptée.

Ce que nous demandons

  • Un vote en séance publique, distinct et nominatif, sur le plafond d'emplois de l'Éducation nationale dans le budget 2027, sans recours à l'article 49.3 sur cette partie du texte.
  • Le gel des 1 588 suppressions de postes tant que le taux national d'heures non assurées dépasse 5 %.
  • La publication trimestrielle du taux d'heures non assurées, établissement par établissement. La DEPP mesure déjà cette donnée mais ne la publie pas à cette maille. Chaque famille doit pouvoir savoir combien d'heures son enfant a réellement eues.

La troisième demande ne coûte rien, ne dépend d'aucun arbitrage budgétaire, et survivra au vote du 17 novembre. On ne corrige pas ce qu'on ne mesure pas publiquement.

Pourquoi signer maintenant

Nous ne demandons ni une promesse, ni une réforme, ni un plan. Nous demandons un vote, un gel conditionné à un indicateur, et la publication d'une statistique qui existe déjà.

Trois mille professeurs ont été trouvés en une nuit quand la pression est devenue suffisante. Cette pétition, c'est la pression.

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Petition ID : 6acb9de14517c73a6fc8dd40

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Pétition lancée le 11/10/2026

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