Un collégien sur deux ne va pas aux toilettes de son établissement quand il en ressent le besoin. Et tout ce qui manque là-bas est déjà obligatoire.
Cette pétition ne demande ni une loi nouvelle, ni un budget nouveau. Elle demande qu'on vérifie l'application d'une règle qui existe depuis des décennies, et qu'on publie le résultat.
Ce que disent les chiffres officiels
L'enquête nationale EnCLASS, menée en 2024 avec Santé publique France, l'OFDT et l'École des hautes études en santé publique auprès de plus de onze mille élèves, établit que seul un collégien sur deux déclare se rendre aux toilettes de son établissement lorsqu'il ressent le besoin d'uriner. Environ un sur dix dit y aller pour s'y réfugier ou pour pleurer.
En 2017, le Centre national d'étude des systèmes scolaires relevait que près de 40 % des collèges et lycées publics déclaraient ne pas disposer de sanitaires en nombre suffisant.
Ce ne sont pas des témoignages isolés, et ce n'est pas un sujet anecdotique. Des élèves ne boivent pas de la journée pour ne pas avoir à y aller. Les conséquences sont documentées : infections urinaires, douleurs abdominales, constipation, difficultés de concentration. Elles touchent davantage les filles.
Ce que vivent les élèves
Dans un reportage de franceinfo du 14 octobre 2026, Ilyès, 16 ans, décrit des élèves qui cherchent du papier toilette dans tout l'établissement : « On manque de papier, on manque de savon, les toilettes sont délabrées. » Yanis, 17 ans : « Le fait qu'il n'y ait pas de PQ, c'est quand même grave. » Assiatou : « Je ne vais pas aux toilettes au lycée, c'est trop sale. »
Lili, en terminale, raconte des absences non justifiées pendant ses règles, faute de papier et de savon. Rater des cours parce qu'il n'y a pas de savon n'est pas un détail de confort.
Portes qui ne ferment pas ou qui ont disparu, chasses d'eau hors service, éclairages en panne, sanitaires fermés pendant les heures de cours : c'est l'ordinaire décrit par les élèves mobilisés depuis le début du mouvement.
Ce n'est pas une revendication, c'est déjà la règle
L'article 67 du règlement sanitaire départemental type impose que les établissements recevant du public disposent de sanitaires en nombre suffisant, et que ceux-ci soient « bien éclairés, ventilés, tenus en parfait état de propreté et pourvus de papier hygiénique ». Les lavabos doivent être équipés de produits de nettoyage des mains et d'un dispositif d'essuyage.
Autrement dit, le papier, le savon et l'état de propreté ne relèvent pas du bon vouloir d'un établissement ou d'une collectivité. Ils sont obligatoires. Ce qui manque, ce n'est pas la règle, c'est le contrôle.
Un restaurant est noté, un lycée ne l'est pas
Quand un restaurant est contrôlé, le résultat est public et consultable par tous. C'est ce qui a fait progresser l'hygiène de la restauration en quelques années, sans interdire quoi que ce soit : il a suffi de rendre le résultat visible.
Rien d'équivalent n'existe pour les sanitaires d'un collège ou d'un lycée. Aucune famille ne peut savoir dans quel état sont ceux de l'établissement de son enfant, et aucun établissement n'a à en rendre compte.
Et ce n'est pas une question d'argent. En 2019, la région Île-de-France a engagé 85 millions d'euros pour rénover les toilettes de 125 lycées. La région Hauts-de-France a engagé près de 3 millions d'euros sur le même objet. Des collectivités le font déjà. Rien ne l'impose aux autres, et rien ne le mesure.
Ce que nous demandons
- Un contrôle annuel obligatoire des sanitaires dans chaque collège et lycée, dont le résultat est rendu public, sur le modèle de ce qui existe pour l'hygiène de la restauration.
- La garantie permanente de papier hygiénique, de savon et d'un dispositif d'essuyage, déjà prévue par l'article 67, et l'interdiction de fermer les sanitaires pendant les heures de cours.
- Un plan pluriannuel de rénovation des sanitaires dans chaque région et chaque département, sur le modèle de celui engagé par l'Île-de-France.
La première demande est la plus importante et la moins coûteuse. Elle ne crée aucune norme nouvelle : elle rend visible le respect d'une norme qui existe. On ne corrige pas ce qu'on ne mesure pas publiquement.
Pourquoi signer maintenant
Les élèves ont mis ce sujet sur la table eux-mêmes, et il a fallu un mouvement national pour qu'on en parle. Quand la mobilisation retombera, les toilettes resteront dans le même état, et personne n'aura rien eu à justifier.
Du papier, du savon, une porte qui ferme. Et quelqu'un qui vérifie.
