Destinataires : Monsieur le Premier ministre, Madame/ Monsieur le(la) Ministre de l’Éducation nationale, Monsieur le Ministre de l’Économie et des Finances, Mesdames et Messieurs les parlementaires.
Il y a une violence silencieuse dont on parle trop peu. Pas une violence spectaculaire. Une violence qui ronge. Celle de l’école à trous.
L’enfant arrive en classe. Il s’assoit. Il attend. Et on lui annonce : “Le professeur ne viendra pas.” Une fois. Puis deux. Puis dix. Et on finit par trouver ça “normal”.
Sauf que ce n’est pas normal. C’est une rupture de promesse. La promesse la plus importante de la République : donner à chaque enfant les mêmes chances.
Les chiffres sont glaçants — et ils ne viennent pas d’un “ressenti”
La Cour des comptes a publié un rapport sur le temps d’enseignement perdu au collège : en 2023-2024, 9% des heures de cours obligatoires n’ont pas été assurées dans les collèges publics.
Ce n’est pas un détail. Ce n’est pas “un problème d’organisation”. C’est une saignée pédagogique. Et la Défenseure des droits a justement alerté sur les conséquences en termes d’inégalités territoriales et sociales.
Dans le même temps, la crise d’attractivité est documentée : à la rentrée 2024, 3 200 enseignants manquaient dans le public et le privé, selon France Stratégie.
Et aux concours, des postes restent vacants : année après année, la machine ne fait plus le plein. Résultat : des classes sans prof, des remplacements “impossibles”, et une école qui se débrouille avec du scotch.
Ce que nous vivons, c’est une injustice organisée
Parce que l’école à trous ne frappe pas tout le monde pareil. Dans certains territoires, on “rattrape”. Dans d’autres, on perd des semaines. Et ce sont toujours les mêmes enfants qui encaissent : ceux qui n’ont pas de cours particuliers, ceux dont les parents ne peuvent pas compenser, ceux pour qui l’école est la seule rampe de lancement.
On demande aux familles de garder confiance. Mais comment demander confiance quand le service public de l’éducation ne garantit même plus l’essentiel : des heures de cours assurées ?
Nous demandons des mesures simples, mesurables, et immédiates
1) Remplacement garanti
Un principe clair : toute absence doit être remplacée, avec une priorité absolue sur les absences longues et les classes à enjeux (6e/3e, examens, REP/REP+). Et un plan concret : viviers, brigades, anticipation, mutualisation intelligente.
2) Transparence obligatoire (publique)
Publication régulière, par établissement et par académie, du taux d’heures non assurées, avec les causes (maladie, institutionnel, etc.) et les actions correctives. La confiance revient quand la vérité est visible.
3) Plan d’urgence recrutement & fidélisation
Revalorisation ciblée là où ça craque (disciplines en tension, territoires difficiles), simplification des tâches absurdes, formation utile, accompagnement réel des débuts de carrière. On ne remplit pas une classe avec des discours.
4) Priorité aux fondamentaux et à la continuité
Une politique stable : moins de réformes “cosmétiques”, plus de continuité, plus de moyens sur les apprentissages de base et l’accompagnement.
5) Un droit opposable à l’enseignement
Quand un volume d’heures non assurées dépasse un seuil, déclenchement automatique d’un plan (remplacement, heures dédiées, mesures compensatoires). Parce qu’un enfant n’a pas à payer l’incapacité d’un système.
Notre message est simple
Nous respectons les enseignants. Nous respectons l’école. Justement pour ça, nous refusons qu’elle devienne une loterie.
Signer cette pétition, c’est refuser l’école au rabais. C’est exiger une chose basique : des cours, pour tous, partout.
👉 Signez. Partagez. Et faisons du bruit.
— Stéphane Richard
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