On nous parle de “mérite”. On nous parle de “performance”. On nous parle de “modernisation”. Mais quand on regarde les chiffres, une question s’impose : est-ce que le système de primes de l’État récompense vraiment le travail… ou l’opacité ?
Le 18 février 2026, la Cour des comptes publie une enquête sur la rémunération à la performance des agents de l’État. Ce qu’elle décrit est limpide : la rémunération à la performance reste marginale et le système de primes demeure touffu et inégalement déployé. (Cour des comptes)
👉 Pétition : Stop à l’opacité, place au mérite réel
Nous demandons des critères clairs, une simplification des primes et une transparence totale sur ce qui est versé au nom du “mérite”.
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Selon la Cour des comptes, la part des rémunérations réellement liées à la performance est marginale : elle ne représente que 3,5 % du total des indemnités versées aux fonctionnaires et régresse depuis 2014. En 2024, le RIFSEEP ne couvrait que 21,9 % des fonctionnaires civils de l’État (et 7,9 % aux ministères financiers), tandis que le paysage indemnitaire reste très dense, avec près d’un millier de primes. (Cour des comptes)
Chiffres clés à retenir (ceux qui parlent aux citoyens)
| Indicateur | Ce que dit le rapport | Source |
|---|---|---|
| Part des primes liées à la performance | 3,5 % du total des indemnités (en baisse depuis 2014) | Cour des comptes |
| Couverture RIFSEEP (FPE, 2024) | 21,9 % des fonctionnaires civils de l’État | Cour des comptes |
| Couverture RIFSEEP (ministères financiers) | 7,9 % des effectifs | Cour des comptes |
| Complexité des primes | Près d’un millier de primes / indemnités ; la presse spécialisée cite 943 primes parallèles | Cour des comptes, Sénat (PDF) |
Traduction simple : on a un discours “mérite / performance”… mais un système de primes qui reste minoritaire, inégal, et illisible pour la majorité des citoyens.
RIFSEEP : c’est quoi exactement ?
Le RIFSEEP est le régime indemnitaire de référence dans la fonction publique de l’État. Il comprend : l’IFSE (liée aux fonctions, sujétions, expertise) et le CIA (complément annuel, modulé selon l’engagement et la manière de servir). (Service-Public.fr)
En théorie, c’est censé simplifier et harmoniser les primes… et permettre une part variable fondée sur la manière de servir. En pratique, la Cour des comptes explique que le dispositif est très inégalement déployé et que le paysage indemnitaire demeure touffu. (Cour des comptes)
Ce que la Cour des comptes constate (factuel, sans blabla)
1) Le “mérite” pèse peu dans les primes… et recule
La Cour est explicite : la part des rémunérations liées à la performance est marginale et régresse depuis 2014 ; elle ne représente que 3,5 % du total des indemnités versées. (Cour des comptes)
2) Le RIFSEEP n’est pas généralisé : 21,9% seulement
Le RIFSEEP ne couvrait que 21,9 % des fonctionnaires civils de l’État en 2024 et il est très inégalement déployé : 7,9 % seulement aux ministères financiers, ce que la Cour qualifie de résultat très faible. (Cour des comptes)
3) Le système reste “touffu” : près d’un millier de primes
Autre constat : le paysage indemnitaire demeure dense, avec près d’un millier de primes. Un rapport lié aux travaux sénatoriaux relaie l’idée de 943 primes parallèles au RIFSEEP. (Sénat (PDF))
🚨 Quand le système est illisible, il devient incontrôlable.
C’est exactement ce que nous dénonçons : un “mérite” brandi comme slogan, mais trop peu mesuré, trop peu transparent, trop peu juste.
Signer la pétition (mérite réel + transparence)Pourquoi ça change quelque chose pour tout le monde
Pour les agents : motivation, justice, reconnaissance
Un système de primes opaque et hétérogène, c’est la porte ouverte à la frustration : certains efforts ne sont pas reconnus, les règles varient selon les services, et l’évaluation devient une “loterie”. Résultat : la motivation baisse, la confiance se dégrade, et le service rendu finit par en payer le prix.
Pour les citoyens : confiance et argent public
Les Français ne demandent pas “moins de service public”. Ils demandent du service public efficace et juste. Quand les primes sont illisibles, la défiance grimpe : on se dit “on paye… mais on ne sait pas pourquoi ni comment”. La transparence n’est pas un luxe : c’est la condition minimale pour que l’impôt reste acceptable.
Ce que la Cour recommande (les grandes lignes)
Dans son communiqué, la Cour émet cinq recommandations visant à relancer la généralisation de la rémunération à la performance, autour du RIFSEEP et d’un pilotage plus cohérent. (Communiqué Cour des comptes (PDF))
- Relancer la généralisation du RIFSEEP (cadre indemnitaire commun).
- Renforcer la cohérence et le pilotage.
- Rendre le système plus lisible (simplification / harmonisation).
- Améliorer la transparence des modalités de répartition.
- Rendre l’ensemble contrôlable (suivi, comparaison, indicateurs).
En clair : le rapport ne dit pas “il faut frapper les agents”. Il dit : si on parle de mérite, il faut un système sérieux, lisible et mesurable. Et c’est exactement ce que nous demandons.
Ce que nous demandons (Actions Alternatives)
Nous voulons que les fonctionnaires soient payés au mérite. Mais pas au mérite “marketing”. Au mérite réel : défini, évalué, contrôlable.
- Critères clairs d’évaluation, compréhensibles par tous, avec garde-fous anti-arbitraire.
- Simplification drastique : stop à la jungle des primes, fusion/suppression des dispositifs redondants.
- Transparence annuelle : chiffres publiés (par ministère), distribution, écarts, et couverture réelle.
- Droit au recours simple et accessible quand une évaluation est manifestement injuste.
- Pilotage national : une logique cohérente, pas des règles contradictoires selon les administrations.
👉 Agir maintenant
Si toi aussi tu veux une fonction publique respectée, donc évaluée de manière juste, signe et partage la pétition.
Signer la pétitionFAQ
Qu’est-ce que le RIFSEEP ?
Le RIFSEEP est le régime indemnitaire de référence dans la fonction publique de l’État. Il comprend l’IFSE (liée aux fonctions) et le CIA (complément annuel modulé selon la manière de servir). (Service-Public.fr)
Quelle part des primes est réellement liée à la performance ?
Selon la Cour des comptes, la part des rémunérations liées à la performance est marginale : 3,5 % du total des indemnités versées aux fonctionnaires, et elle diminue depuis 2014. (Cour des comptes)
Pourquoi parle-t-on de “jungle” des primes ?
Parce que le système indemnitaire reste très dense : la Cour évoque près d’un millier de primes, et un rapport sénatorial mentionne 943 primes parallèles au RIFSEEP. (Sénat (PDF))
Pourquoi ça concerne aussi les contribuables ?
Parce que l’argent public doit être lisible et contrôlable : quand les règles de primes sont opaques, la confiance baisse, et l’acceptabilité de l’impôt s’effondre. Transparence et mérite réel protègent aussi la légitimité du service public.
