Professeurs non remplacés : ce que dit le dernier rapport (factuel + chiffres)

Un enfant arrive au collège. Il s’assoit. Il ouvre son cahier. Et on lui dit : “Pas de cours. Le prof n’est pas remplacé.”
Une fois, ça passe. Deux fois, ça inquiète. Quand ça se répète, ce n’est plus un “incident” : c’est une école à trous. Et une école à trous, c’est une République qui recule.
Réponse rapide (à lire en 20 secondes)
La Cour des comptes indique qu’en 2023-2024, 9% des heures de cours obligatoires n’ont pas été assurées dans les collèges publics. La Défenseure des droits a sollicité la Cour pour mesurer l’impact en termes d’inégalités territoriales et sociales. Un rapport du Sénat observe en parallèle une hausse des absences non remplacées entre 2018 et 2024, et France Stratégie documente la crise de recrutement (3 200 enseignants manquants à la rentrée 2024).
Les chiffres qui devraient faire la une
| Indicateur | Chiffre / constat | Source |
|---|---|---|
| Heures de cours obligatoires non assurées au collège public (2023-2024) | 9% | Cour des comptes |
| Saisine / alerte sur les inégalités | Le Défenseur des droits souligne l’enjeu d’inégalités territoriales et sociales | Défenseur des droits |
| Absences non remplacées : tendance 2018 → 2024 | Hausse constatée (Sénat, synthèse) | Vie-publique (rapport Sénat) |
| Enseignants manquants à la rentrée 2024 | 3 200 | France Stratégie |
Traduction : ce n’est pas un sujet “anecdotique”. On parle de milliers d’heures perdues, de classes qui avancent au ralenti, et d’élèves qui paient une dette scolaire… qu’ils n’ont jamais choisie.
Pourquoi c’est une injustice massive (et pas seulement un “désagrément”)
L’école publique est censée garantir une chose simple : un même droit à l’enseignement. Quand des professeurs ne sont pas remplacés, ce droit devient variable. Et une fois que c’est variable, ce n’est plus un service public : c’est une loterie.
La Défenseure des droits a demandé à la Cour des comptes de mesurer précisément le phénomène, notamment à cause des inégalités territoriales et sociales que cela provoque : certains établissements compensent, d’autres non ; certaines familles rattrapent, d’autres ne peuvent pas. (source)
Et c’est exactement ça, le cœur du scandale : les enfants qui ont déjà le moins… perdent encore plus. Pendant qu’on leur demande de “faire des efforts”.
Pourquoi les professeurs ne sont pas remplacés ?
1) Crise d’attractivité et manque de viviers
France Stratégie documente l’ampleur de la crise : 3 200 enseignants manquaient à la rentrée 2024 dans le public et le privé. Quand le vivier se vide, le remplacement devient mathématiquement impossible. (source)
2) Un remplacement traité comme un “ajustement”, pas comme une mission vitale
Une heure de cours perdue ne se rattrape pas comme un train manqué. Pourtant, dans beaucoup de collèges, l’absence se gère au jour le jour : “on regroupe”, “on met en permanence”, “on fait patienter”. Et le trou s’élargit.
3) Une organisation inégale selon les territoires
Le rapport du Sénat sur le remplacement (synthèse Vie-publique) montre que le sujet est structurel et que les absences non remplacées augmentent. Résultat : selon l’académie et le collège, le vécu des élèves peut être radicalement différent. (source)
Conséquences réelles sur les élèves (ce que ça casse, concrètement)
- Lacunes cumulées : le retard devient structurel, surtout en maths/français/langues.
- Décrochage : l’élève perd confiance, se démotive, et finit par “se protéger” en abandonnant.
- Inégalités : ceux qui peuvent payer du soutien s’en sortent mieux, les autres subissent.
- Orientation : à compétences égales, l’élève “troué” est pénalisé dans ses choix futurs.
- Climat scolaire : instabilité = tension, fatigue, sentiment d’abandon.
On ne parle pas d’un “petit problème de planning”. On parle de trajectoires de vie qui se ferment, d’ambitions qui se réduisent, et d’enfants qui apprennent que la promesse républicaine est négociable.
Solutions : ce qu’on peut exiger (mesurable et immédiat)
Un débat utile, ce n’est pas “qui a raison”. C’est : qu’est-ce qu’on impose comme garanties ? Voici des demandes simples et contrôlables.
1) Transparence obligatoire sur les heures non assurées
Publication régulière, par établissement et académie, du taux d’heures non assurées et des causes. Sans chiffres publics : pas de contrôle, pas de correction, pas de responsabilité.
2) Remplacement garanti des absences longues (avec priorités claires)
Priorité aux absences longues, aux classes à enjeux (6e/3e) et aux territoires les plus touchés. Un service public ne “tente pas” d’assurer : il garantit.
3) Seuil déclencheur automatique
Au-delà d’un seuil d’heures perdues, un plan d’urgence se déclenche : renforts, dispositifs de remplacement, mesures compensatoires. Un enfant n’a pas à payer l’échec d’organisation.
4) Plan recrutement/fidélisation ciblé
Là où ça craque, on met les moyens : disciplines en tension, territoires en tension. Le diagnostic est documenté, il faut maintenant un calendrier et des objectifs. (France Stratégie)
👉 Agir : signer et partager
Les professeurs non remplacés au collège, ce n’est pas “un détail”. C’est une injustice documentée. Signe la pétition pour exiger remplacement garanti + transparence.
Signer la pétitionFAQ
Le chiffre des 9% concerne quoi exactement ?
La Cour des comptes indique qu’en 2023-2024, 9% des heures de cours obligatoires n’ont pas été assurées dans les collèges publics. (source)
Pourquoi la Défenseure des droits intervient ?
Parce que la perte de temps d’enseignement a des conséquences en termes d’inégalités territoriales et sociales. (source)
Que demande la pétition ?
Remplacement garanti des absences longues, transparence publique sur les heures perdues, et déclenchement automatique d’un plan au-delà d’un seuil.
Sources
- Cour des comptes — Le temps d’enseignement perdu par les élèves au collège
- Défenseur des droits — Temps d’enseignement perdu : saisine et inégalités
- France Stratégie — Enseigner : une vocation à reconstruire (3 200 enseignants manquants)
- Vie-publique (Sénat) — Rapport sur le remplacement des enseignants